Relieuse d'art, journaliste, océanographe, photographe et vidéaste, écrivaine et poétesse : les multiples casquettes et facettes d'Anita Conti (1899-1997) révèlent une femme curieuse de tout, goûtant le sel de la vie et... celui de la mer. Des eaux chaudes de l'Atlantique léchant les côtes africaines aux eaux glaciales des mers mordant les côtes de Terre-Neuve-et-Labrador, du Groenland, de l'Islande, de la Norvège et de la Nouvelle-Zemble, Anita Conti a vogué du Sud au Nord, du Nord au Sud, d'une rive à l'autre.
C'est cet amour du monde maritime et de l'univers halieutique que j'ai souhaité mettre en valeur à travers cette exposition qui fait dialoguer des photographies prises lors de ses voyages au Sénégal et en Guinée dans les années 1940-1950 puis à bord du chalutier-morutier Bois Rosé III en 1952, dont sont respectivement issus deux de ses grands récits de voyage, Géants des mers chaudes (1957) et Racleurs d'océans (1953, Prix des Vikings en 1954).
Consciente de l'importance des ressources que recèlent mers et océans, Anita Conti en a dénoncé le gaspillage dès 1934 et n'a cessé de chercher à les préserver et à mieux les répartir. Soucieuse de partager son expérience auprès du grand public, elle a multiplié écrits et conférences, n'hésitant pas à poser avec des poissons-sabres pour une campagne de communication au terme de laquelle elle est parvenue à introduire ce « faux poisson1 » sur les tables des foyers français où il était auparavant dédaigné.
Animée par la volonté de faire découvrir le travail d'Anita Conti au plus grand nombre, j'ai choisi de suivre trois perspectives : sa volonté d'immortaliser les gestes des hommes de la mer, son aptitude à entremêler dans ses clichés regard scientifique et regard artistique et sa faculté à s'engager de différentes manières en faveur de la protection du monde maritime.
Ambre-Aurélie Cordet (LISAA)
