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Exposition • Machines à l'œuvre, II à Lille

MACHINES À L’ŒUVRE : Du mouvement à la bande dessinée

Du 6 au 27 juin 2025, le campus de Lille accueille le deuxième volet de la série d’expositions de recherche-création Machines à l’œuvre.
La Mission Arts & Culture met à l’honneur sur le campus Lillois une approche originale du récit
graphique dans sa forme la plus numérique. 

Œuvres Présentées

Anthony Baillard, Éclicé, 2023/2024
Installation avec 7 bras robotiques, 20 x Ø 120 cm, 3min36
Musique : Pulsar, Olivier Cresson

Éclicé, œuvre du projet à long terme Formes de danse, est une surface continue, semblable à un paysage vivant et animé. Réagissant au son de la musique comme un interprète suivant une partition, Éclicé explore la sensibilité et l’émotion transmises par la danse à travers le seul mouvement. Trouble, fascination, curiosité, quels sentiments provoque une entité non-humaine qui danse ?
Ce travail, initialement présenté en 2023 à la Cité des sciences et de l'industrie à Paris sous forme de prototype, a été reproduit et finalisé en collaboration avec le FabLab Descartes. Les étudiants bénéficieront d'une visite au FabLab le 5 septembre, où ils pourront observer le processus d'assemblage en présence d’Anthony Baillard, artiste-chercheur-ingénieur, et découvrir l’utilisation des bras robotiques, de techniques de traitement du signal, et de l’impression 3D.

Kazushi Mukaiyama, Shizuka, the AI painter version 15, 2024
Manga généré par IA, 9 feuilles d'impressions A1, recto et verso.

Shizuka, le peintre IA, est un programme autonome qui crée des peintures et a évolué depuis 2000, maintenant en version 15. D'abord axé sur des peintures uniques, Shizuka a commencé à dessiner des mangas à partir de la version 8 pour gérer une narration continue. En analysant les mangas existants, Shizuka génère de nouvelles histoires, déterminant expressions, postures, mises en page et compositions des cases. L'objectif est de comprendre la créativité humaine en comparant l'art généré par l'IA aux créations humaines, montrant ce qui peut et ne peut pas être reproduit par un ordinateur. Le travail de Shizuka vise à stimuler la curiosité intellectuelle sur la cognition et la représentation humaine.
Ces œuvres de Shizuka, entièrement inédites, ont été créées spécialement pour l’occasion de cette exposition à l’Université Gustave Eiffel. Kazushi Mukaiyama, artiste japonais et créateur de Shizuka, est également chercheur et professeur au Département d'Architecture Médiatique de l’Université publique du futur de Hakodate. Il discutera de Shizuka et de ses créations lors de la conférence du 12 septembre.

Patrick Tresset, Robots, 2018
Série de six dessins à la table traçante, 24 x 16 cm

Initialement contraints par les trois lois désormais obsolètes d’Asimov, les robots ont évolué de simples entités limitées en êtres autonomes, reflétant des luttes historiques telles que la violence et l'apartheid. En réponse, une culture robotique dynamique a émergé, animée par des roboticiens, des artistes et des innovateurs technologiques, célébrant l'autonomie des robots à travers l'art. Les œuvres présentées ici s'inspirent d'un univers fictif où les robots, les recherches en intelligence artificielle et des personnages comme Pinocchio jouent des rôles centraux. Créés avec un système génératif similaire à ceux utilisés dans les installations performatives de Tresset, ces dessins offrent une perspective unique du point de vue des robots.
Cette exposition marque la première présentation publique de ces œuvres. Patrick Tresset, reconnu internationalement pour ses installations performatives, discutera de sa pratique artistique et des dessins réalisés avec sa table traçante lors de la conférence.

Özlem Sulak et Gaëtan Robillard, Critical Climate Machine. Une exposition, 2025
Film documentaire.

Critical Climate Machine est un projet qui quantifie et révèle les mécanismes de désinformation sur le réchauffement climatique. Il se compose d'une sculpture de données et d'une installation sonore. La sculpture analyse les mythes liés au changement climatique grâce au traitement automatique du langage naturel. Son logiciel surveille et réfute les arguments fallacieux provenant de Twitter. Parallèlement, une carte thermique enregistre les effets thermiques de l'installation sur son environnement. Plusieurs dialogues circulent : les arguments fallacieux se confrontent à leurs réfutations. Ces voix ont été enregistrées lors de plusieurs ateliers, au cours desquels un jeu de cartes spécialement conçu pour le projet a favorisé la sensibilisation et le débat sur le climat. Ces dialogues ont ensuite été réinterprétés et spatialisés grâce à un modèle d'apprentissage automatique génératif initialement conçu pour l'improvisation musicale.

Gaëtan Robillard, Le Jeu de la réfutation. Édition n° 2, 2025

Jeu de 70 cartes en version expérimentale, jusqu’à 5 joueurs, tapis de jeu en feutrine, 90 x 90 cm.
Intimement lié au projet Critical Climate Machine, le Jeu de la réfutation est un jeu de cartes pédagogique
conçu pour identifier les informations trompeuses sur le sujet du climat et produire un contexte
délibératif avec des élèves et étudiants, mais aussi avec le grand public. Tout en s’appuyant sur des
données scientifiques, les cartes ont été créées à partir de réfutations systématiques d’arguments
sceptiques. Cette nouvelle édition introduit un design fondé sur la couleur, portant également une
attention particulière à la lisibilité des textes. Une base de données de connaissance en ligne est rendue
accessible grâce à l’identification des cartes par QR code.